• Le discours identitaire raciste vaut-il mieux que le discours identitaire intégriste ?

    Carte blanche publiée dans le journal Le Soir, le 06/07/2010.

    L’apéro « saucisson et pinard » programmé à Paris (le 18 juin), rue Myrha, et finalement interdit par la préfecture, a fait couler beaucoup d’encre. Et suscité des « vocations » ailleurs en France, mais aussi en Belgique. Le tout sur fond de repli identitaire et d’un racisme qui ne dit pas son nom, se drapant parfois dans la défense de la laïcité.

    Laïcité, vraiment ?

    L’initiative de cet apéro parisien revient à « Riposte laïque ». Une association qui, sous couvert de défense des valeurs républicaines et laïques, sombre de plus en plus, au fil des années, dans un discours globalisateur radicalement anti-musulmans, quand ce n’est pas anti-immigrés. D’autres associations, appartenant clairement à la mouvance identitaire oscillant entre nationalisme et extrême droite pure et dure, n’ont pas tardé à rejoindre les organisateurs. Et scandaleusement dévoyé au passage les valeurs qu’ils prétendaient défendre.

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Le R.A.P.P.E.L. en quelques mots

Le R.A.P.P.E.L. est un réseau de réflexion et d’actions créé en novembre 2007, à l’initiative de Chemsi Cheref-Khan, Pierre Efratas et Nadia Geerts, autour d’un manifeste revendiquant l’inscription du principe de laïcité dans la Constitution belge et dans les dispositifs légaux des entités fédérées.

Le R.A.P.P.E.L. fait lui-même suite à une pétition lancée en 2006 et qui dénonce l’immixtion du religieux à l’école. Cette pétition a aujourd’hui recueilli près de 4500 signatures.

Outre ces deux textes fondateurs, depuis sa création, le R.A.P.P.E.L. a pris position sur les questions suivantes :

- Financement des cultes : le R.A.P.P.E.L. est partisan d’une remise en question principielle du financement des cultes, en ce compris celui des organisations non-confessionnelles. À notre sens, la séparation des Eglises et de l’Etat s’accommode mal du financement des cultes par l’Etat.
- Cours dits « philosophiques » : le R.A.P.P.E.L. se prononce pour le remplacement des cours de morale et de religion par un cours commun à tous les élèves, où tous, sans distinction aucune, se trouveraient rassemblés autour d’un projet essentiel : celui de faire de chacun un citoyen libre et responsable et une conscience autonome douée d’esprit critique.
- Fonction publique : le R.A.P.P.E.L. défend la nécessité d’une stricte neutralité pour tous les fonctionnaires, agents de l’Etat et autres mandataires publics. L’indispensable neutralité de service ne peut faire l’impasse sur une neutralité d’apparence, qui est un préalable symbolique incontournable.

Le R.A.P.P.E.L. est également l’auteur d’un ouvrage collectif, « La laïcité à l’épreuve du XXIième siècle » (Luc Pire 2009), coordonné par Nadia Geerts, préfacé par Mohamed Sifaoui et reprenant des contributions de Gisèle De Meur, Pierre Efratas, Guy Haarscher, Philipp Bekaert, Fatoumata Fathy Sidibe, Catherine François, Nadia Geerts, Charles Susanne, Michèle Peyrat, Lara Herbinia, Elie Cogan, Jamila Si M’hammed, Hugo Godoy, Georges Verzin, Claude Javeau et Chemsi Cheref-Khan.

À ce jour, le manifeste du R.A.P.P.E.L. a été cosigné par plus de 3200 particuliers, ainsi que par 32 associations.